La civilisation chinoise est l’une des plus anciennes du monde et sa culture est caractérisée par une longue et riche histoire. Une rencontre avec la Chine dans sa littérature, son art, son écriture et ses relations humaines, est une ouverture à une richesse du corps et de l’esprit, cultivée depuis plus de 10 000 ans.
1- Arts, Littérature et Inventions La Chine fût, pendant une longue période de son histoire, la civilisation la plus avancée du monde grâce à des inventions telles que l’imprimerie, la boussole, le papier ou encore la poudre à canon. De plus, son influence sur le monde extérieur s'est accrue grâce à la découverte de la route de la soie, dont le tissu du même nom permit de vêtir de nombreuses familles royales et aristocratiques d'Europe. Par ailleurs, l’originalité de l'art chinois s'est manifestée dans des domaines tels que la peinture, l’architecture (notamment avec la construction des chateaux moyenâgeux et des palais impériaux), l'art du jardin (à l'instar du fameux «Suzhou»), les arts martiaux (le tai chi, le kung fu, etc.), la médecine traditionnelle, et même la sculpture. Mais de tous, c'est bien la calligraphie et de l’écriture qui ont démontré la quintessence d'un niveau de culture unique, à travers le savoir et la maîtrise de la constitution des caractères. On peut ajouter à cela une pléthore d'écrivains, de poètes, et d'érudits comme Lao Tseu, Confucius, ou encore Luo Guanzhong, qui à travers ses oeuvres, a non seulement permit l'avènement de modes de pensée et philosophies constituée en principes et religions d'État (telles le taoïsme, le confucianisme, etc.), mais aussi la préservation de l'histoire et des traditions chinoises à travers les âges (par exemple la tradition du thé dans «Les Trois Royaumes» de L. Guanzhong).
2- Religions, Croyances et Philosophies
En Chine, on ne peut dissocier la religion du régime politique. En effet, même si le fait religieux se particularise par un pluralisme des croyances, l’État chinois s’efforce de maintenir un contrôle permanent sur les religions et les sectes se trouvant sur le territoire, de peur qu'un groupe ne devienne trop actif, menaçant ainsi le pouvoir en place. Dans la langue chinoise traditionnelle, il n’existe pas d’équivalent au terme « religion ». Ce que l’on nomme les religions ou cultes individuels sont souvent synonyme de « culture » et sont appelés tao, une « voie » ou encore jiao, un « enseignement » et sont utilisés pour désigner les grandes traditions chinoises[1] . De plus, c’est pour cela que l’on nomme les «trois enseignements»[2] (sanjiao) les principales religions, soit : l’enseignement du tao (gaojiao) ou taoïsme, l’enseignement du Bouddha (fojiao) ou bouddhisme et l’enseignement des lettrés (rujiao) ou confucianismes. Par ailleurs, le tao renvoie au bon fonctionnement de tout ce qui se trouve dans l’univers. En Chine, 100 millions de personnes pratiquent diverses religions[3] . Les principales sont le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme, le Christianisme, ainsi que l’Islam, bien que l’on puisse en retrouver plusieurs autres. Il ne faut toutefois pas négliger les gens non pratiquants qui représentent une quantité non négligeable de citoyens, car officiellement, la Chine est athée[4] .
Le Bouddhisme
Il est très difficile de mettre une date exacte sur le moment où le Bouddhisme fut introduit en Chine. D’abord fondé en Inde du Nord au VIe siècle av. J.-C,. le Bouddhisme fut introduit en Chine aux environs du Ier siècle après Jésus-Christ pour devenir la religion la plus influençable de la Chine après le IVe siècle. L'une des caractéristiques de cette religion est la société hiérarchisée en castes. Aussi, les notions de base du Bouddhisme s’articulent autour du thème de la souffrance et des moyens de s'en affranchir. Par ailleurs, les concepts de cycle de renaissances et les actions permettant d’échapper au karma ont longtemps été considérés comme choquants pour les Chinois.
Par ailleurs, le bouddhisme ne se réfère pas véritablement à un Dieu. Cette religion constitue d’abord une philosophie fondée sur une vision sombre du monde. Elle a le désir de libérer l'humanité des mauvaises valeurs et actions humaines telles que la haine, la persécution et le racisme. Les bouddhistes sont toujours prêts à affirmer avec force leur idéal de justice et de respect de l'homme à travers le monde. Par exemple, ces derniers ont soutenu les mouvements pacifistes et les bouddhistes du Tibet, qui reconnaissent toujours le dalaï-lama en exil et continuent à protester contre l'annexion de leur pays par la Chine.
Le Taoïsme
Système de pensée religieuse et philosophique, le taoïsme s'est développé en Chine au VIe siècle av. J.-C. Cette religion est apparue parallèlement au confucianisme tout en se retrouvant en rupture avec lui. Cependant, ce n’est qu’au IIe siècle après J.-C. que le taoïsme acquiert des attributs religieux en adoptant un panthéon, des cultes, des prêtres et des moines. Le taoïsme est devenu, avec le bouddhisme, l'une des deux plus grandes religions de la Chine. Le nombre de pratiquants chinois est estimé à 1,5 million. Le taoïsme se préoccupe beaucoup de l’individu, de sa conscience et de sa vie spirituelle, à la recherche constante d’une harmonie avec la nature et l’univers. Le tao est un principe fondamental, qui unit deux principes opposés, le yang (pur, lumineux, relatif au ciel) et le yin (impur, inférieur, opaque, relatif à la terre). Selon la philosophie du tao, on les retrouve partout, et ce, même dans le corps humain. On retrouve particulièrement le yang chez l'homme et le yin chez la femme
Le Confucianisme
Le confucianisme n’est pas une religion officiellement reconnue par le gouvernement chinois. En effet, cette dernière est davantage considérée comme une doctrine morale, sociale et politique qu'une religion. Cette doctrine fut développée par le Maître Kong (Kongfuzi) qui vécut entre 551-479 avant l’ère chrétienne. Son nom fut latinisé par les jésuites sous celui de Confucius. Les principes du confucianisme furent imposés par l’empereur Han Wudi en tant que doctrine d’État et sont demeurés en place jusqu’à la fondation (en 1911) de la République de Chine que nous connaissons aujourd’hui.
Le confucianisme est une philosophie humaniste, fondée sur l’affirmation des valeurs humaines, insérant l’être humain dans un univers d’abord moral et social et établit un parallèle entre l'ordre du monde et celui de la société. Les idéaux de Confucius s’articulent autour de l’idéal pratique de l’homme et de sa nature éthique ainsi que sur la société. Il n’y a pas de valeurs abstraites, mais bien un rapport délicat entre les situations environnantes et le sens du juste. « L'homme de bien est impartial et vise à l'universel; l'homme de peu, ignorant l'universel, s'enferme dans le sectaire[5] ». C'est bien grâce à la vie en société que se forme la dignité humaine. Pour lui, la vie en société est l'étape obligatoire entre l'homme et l'Univers.
Le Rituel du « Li »
Dans le confucianisme, il existe un rituel qui, anciennement, permettait de constituer un gouvernement idéal. Le caractère chinois « li » symbolise un vase contenant des biens précieux destinés aux esprits. Selon la doctrine confucianiste, le rituel joue un rôle important dans le bon fonctionnement du gouvernement. En effet, celui-ci permet de canaliser les énergies et les instincts individuels vers des comportements harmonieux, facilitant ainsi les relations politiques et sociales. Ce rituel est toujours accompagné de musique et de danses qui représentent l'harmonie et l'efficacité du geste. Aujourd’hui, nous pouvons retrouver ce rituel lors de toutes les activités humaines (mariages, expéditions militaires, négociations diplomatiques, etc.)
Le Christianisme Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent au VIIe siècle. De plus, le protestantisme fut introduit en Chine vers le début du IXXe siècle. C’est grâce aux missionnaires jésuites que des contacts réguliers ont été entretenus entre les mondes chinois et occidental. C’est en 1552 qu’a eu lieu la première mission jésuite vers la Chine, Saint François-Xavier fut celui qui la dirigea. En 1582, les jésuites commencèrent une évangélisation en s’intégrant dans la population. Ils eurent la chance d’avoir des discussions et de faire des rencontres, mais donnèrent l’impression d’avoir des objectifs cachés. Le christianisme fut rapidement catégorisé de « secte dangereuse » et le Pape alla même jusqu’à ordonner la clôture des missions des jésuites. Le christianisme redevint légal en 1978 tout en restant sous contrôle de l’État. Présentement, le nombre de chrétiens en Chine s’élèverait à environ 60 millions. Depuis les années 1950, la Chine assiste à une importante augmentation de la population chrétienne (environ 85,71 %). De plus, on compterait un peu plus de 4,600 églises catholiques, plus de 12 000 églises protestantes et plus de 25,000 autres lieux de cultes.
L'Islam La religion islamique est d’abord arrivée en Chine au VIIe siècle durant la dynastie de Tang. Les côtes de l’Asie du Sud-Est ont constitué un lieu d’échange culturel important pour les religions. L’Islam a notamment pu voyager au travers de la route de la soie ou grâce aux commerçants arabes qui voyageaient de port en port. Par exemple, le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan et une mosquée fut inaugurée en son nom en 2007. Selon les chiffres chinois, il y aurait environ 17 millions de croyants musulmans en Chine et on compterait près de 30 000 mosquées dans le pays
La religion au Québec
Le Canada et le Québec possèdent une très grande variété de religion mais ne possèdent aucune religion officielle. L’histoire de la religion du Québec a débuté il y a déjà plusieurs centaines d'années et remonte même à plusieurs peuples différents. En effet, les premiers habitants du territoire québécois étaient les Premières Nations qui adhéraient principalement à des religions animistes. Lors de la découverte de l’Amérique, les Européens débarquèrent sur ces nouveaux territoires afin d’étendre leurs pouvoirs, faire des affaires et les jésuites les accompagnant se fixèrent comme objectif de convertir les autochtones au catholicisme. Puis, suite à la conquête par les Britanniques, les premières communautés protestantes firent leur entrée sur le territoire québécois. D’autres nations tels des Irlandais, des orthodoxes de l’Europe de l’Est, des « mormons » et plus encore furent ensuite introduites au pays. La Seconde Guerre mondiale favorisa davantage l’immigration de nouvelles nations. Enfin, le changement le plus important qui toucha la religion au Québec est sans équivoque la période de la Révolution tranquille (dans les années 1960). Cette période se caractérise par la rupture des traditions en place vers des changements sociopolitique et culturel dits sociaux (création des cégeps, des cartes d’assurance-maladie, nationalisation d’Hydro-Québec et plus encore) qui ont permis de transformer le système d’éducation, contrôlé en grande partie par l’Église, et de faire une séparation entre les pouvoirs de l’État et de la religion. Encore aujourd’hui une majorité d'individus s’identifient comme chrétiens et ces valeurs se reflètent sous plusieurs aspects de la vie québécoise. [6] Selon le recensement 2001 de Statistique Canada : « Au Québec, en 2001, plus de 90 % de la population a déclaré appartenir à une confession religieuse chrétienne. En 1991, cette proportion atteignait plus de 93 %. En outre, dans leur très grande majorité, ces “chrétiens” sont catholiques romains à 83 %, comparativement à 5 % de protestants et à 2 % d’autres chrétiens (orthodoxes et autres). Détail à noter : la population de religion musulmane est maintenant plus nombreuse que la population de religion juive, et ce, tant au Québec que dans l’ensemble du Canada. En revanche, alors qu’au Québec il y a presque égalité entre les deux groupes (90 000 contre 109 000), pour l’ensemble du Canada, il y a près de deux fois plus de musulmans que de juifs (1,76 fois plus précisément). Le phénomène des «sans religion» est proportionnellement moins important au Québec que dans l’ensemble du Canada : 6 % de la population totale (400 000 personnes) comparativement à 16 % (4,8 millions de personnes) dans l’ensemble du Canada. Par contre, la croissance de ce groupe a été plus marquée au Québec au cours des dix dernières années : +56 % comparativement à + 44 % au Canada. »
Superstitions au Québec
Au Québec et ailleurs en Amérique, des superstitions sont enracinées dans la culture. Les superstitions[7] sont des croyances construites à la base d’une mauvaise conception, de l’ignorance ou encore à cause de la peur de l’inconnu et peuvent, entre autres, être transmise par la culture ou la famille. Parmi ces croyances, certains québécois croient qu’il peut être de mauvaise augure de croiser un chat noir, de passer sous une échelle, de casser un miroir ou encore d’ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison. La superstition du chat noir remonterait à l’époque du Moyen-Âge et caractériserait le diable ou encore une sorcière, donc le fait de croiser un chat noir aurait la même valeur que de croiser le mal en personne[8] . 3- Normes, règles et rôles sociaux En Chine, c’est la société qui prime avec ses droits et les habitants ont des devoirs. Les rites communs de la vie d’un homme sont : la naissance, le mariage et la mort comme dans plusieurs civilisations dont la culture québécoise fait partie. Par contre, tout au long de sa vie, l’Homme chinois devra se soumettre à une série de rites journaliers concernant la vie domestique, les parents, la politesse, les rencontres, les visites, les invitations, les échanges de cadeaux ainsi que les préséances (Pimpanneau, 1988, p. 140). Les rites sont présents partout, et permettent de distinguer les classes sociales dans la hiérarchie d’une entreprise ou d’une famille, dans les mesures et même dans les modèles de fabrication en usine. Par exemple, en ce qui concerne les rites domestiques, le chef de maison doit observer fidèlement certaines règles et fixer les dépenses selon les revenus de la famille et doit déterminer le montant d’argent à réserver pour un mariage. Les hommes trop jeunes ou de condition inférieure ne peuvent être mis à la tête des affaires et les régir. Pour ce qui est des enfants face aux parents, tout ce qu'ils gagnent avant le mariage doit être remis aux parents. Ceux-ci doivent toujours garder une attitude respectueuse à l'égard de leurs parents. Ne jamais regarder dans les yeux et ne jamais étaler une richesse qui dépasse celle de ses parents lorsqu’ils sont devenus adultes. Si les parents sont malades, les enfants ne peuvent avoir l’air heureux. Les enfants, à partir de 7 ans, doivent laisser passer les personnes plus âgées qu’eux. Ils doivent être modestes et respectueux. Enfin, pour les rites du passage à l’âge adulte, les garçons entre 15 et 20 ans doivent se soumettre à la cérémonie de la prise du bonnet qui confirme leur virilité et les filles qui se fiancent reçoivent, de leur mère, l’épingle à la chevelure (Zhu, 2010, p. 56). Depuis déjà quelques décennies, le développement économique foudroyant de la Chine et la mondialisation remettent en cause les traditions ainsi que la culture ancestrale du pays. L’influence de la pensée occidentale se fait sentir de plus en plus (Yih-Ching, 1961, p.116).
Ce qu’il en est au QuébecAu Québec, la société est beaucoup plus homogène, hiérarchiquement parlant. En effet, le principe de hiérarchie est moins présent qu’en Chine. Tous les citoyens québécois méritent un traitement égal. Bien entendu, lorsque la question de respect entre en jeu, certains groupes sociaux tels que les personnes âgées, reçoivent un traitement plus particulier. Par exemple, dans les autobus, des sièges leurs sont attribués et les gens doivent leur laisser la place. Aussi, la société est libre et démocratique, les citoyens ont une totale liberté d’expression et ont beaucoup de droits, dont celui de voter ouvertement. Le peuple québécois n’est pas de nature à accepter facilement son sort, la culture québécoise a démontré au fil du temps que c’est un peuple d’exigence, de oui ou non et de la classe ouvrière combattant le capitalisme tel que partout en occident. L’Homme chinois en est un de réflexion, de raison et de résilience, profondément attaché au ciel et à la terre.
II – La société chinoise contemporaine
1. Les langues et fêtes culturelles
La Chine, avec ses nombreuses minorités nationales, connait une grande diversité linguistique. En effet, il est possible de recenser 81 langues sur le territoire chinois. Afin d’harmoniser le tout, les dirigeants chinois ont mis en place deux lois précisant les exigences linguistiques du pays. La Loi sur l’autonomie des régions ethniques en 1984 fut mise en place afin de permettre aux différentes minorités d’utiliser leurs langues originelles en ce qui concerne certains aspects, tels que l’enseignement et la justice. La Loi sur la langue et l’écriture communes nationales de la République populaire de Chine est quant à elle apparue en 2001 et consiste en quelque sorte à imposer une langue reconnue nationalement. La langue officielle en Chine est le putonghua et, par le fait même, la langue universelle du pays. Il est toutefois important de savoir que les langues d’origines de certaines minorités restent toujours utilisées. Dans l’enseignement, ces langues et ces écritures sont utilisées seulement les trois ou quatre premières années du primaire, pour ensuite laisser place au putonghua[9] . Bien que l’anglais soit de plus en plus présent chez la population québécoise, 80.2 % de la population ont comme langue maternelle le français[10] . Aujourd’hui, 40.2 % de la population parle l’anglais et le français et cette augmentation avec le passé est en quelque sorte due à l’enseignement de l’anglais dans les écoles[11] . En effet, près de 60 % des élèves apprennent l’anglais comme langue seconde[12] . En ce qui concerne l’écriture, c’est l’alphabet français, issu de l’alphabet latin, avec ses 26 lettres, qui est utilisé pour l’écriture en langue française.
2 - Styles et types de communication
2.1- La communication en Chine
La langue chinoise est qualifiée de stratégique puisqu'elle est diplomatique, moins explicite et plus nuancée que les langues utilisées par les Québécois (soit le français ou l'anglais). En utilisant un langage moins précis, plus allusif et s’exprimant au second degré, les Chinois évitent ainsi l’affrontement verbal direct. Par exemple, le « oui » et le « non » sont quasiment inexistants. Ils sont remplacés par des termes ou expressions beaucoup plus douces afin d'échanger de manière plus courtoise. Les communications sont plus formelles et il est de la responsabilité du récepteur de décoder le message. Le style de communication indirecte place la langue chinoise dans un contexte riche.
D'autre part, la notion de temps est ouverte et flexible et les changements qui peuvent subvenir se font graduellement et lentement. La communication non verbale est aussi très importante et souvent utilisée. Les messages sont couverts et implicites, les réactions sont réservées et la distance donnée au pouvoir est grande. Par contre, les Chinois accordent de l’importance aux relations fortes et durables et leur engagement personnel est fort. Dans cette société le contexte est donc très important et ne doit pas être négligé afin de pouvoir bien saisir la portée de l’échange. Aussi, des déterminants tels que le lieu, le temps, la raison de la rencontre, la personne (l’origine, le statut, l’âge, le sexe) sont à considérer et déterminent l’orientation de la communication. Par exemple, dans un groupe, c’est d’abord la personne la plus âgée qui prend la parole. Lors d’un échange, il est important de bien considérer la situation, le statut, l’expérience passée et enfin, sa culture afin de pouvoir bien saisir la portée du message. Quant à nous, les Occidentaux, notre culture nous rattache davantage à un contexte communicationnel pauvre.
Communication non verbale et règles gestuelles
En Chine, il existe tout un langage gestuel, ancestral et ésotérique afin de communiquer. Celui-ci est très différent de la communication non verbale utilisée en Amérique. Les leaders chinois n’ont pas tendance gesticuler ou à démontrer des expressions faciales vives lors de leurs discours. L’orateur Canadien aura davantage tendance à faire des présentations interactives et à utiliser un langage corporel afin de communiquer son message. Aussi, la poignée de main est couramment utilisée par les hommes et les femmes chinois. Il n’est pas étonnant de voir des hommes marcher main dans la main puisque c’est une pratique courante entre amis en Chine. Par ailleurs, en Amérique du Nord, la poignée de main doit être la plus ferme possible afin de démontrer sa force, son pouvoir, et l'on doit regarder l'autre dans les yeux tandis qu'en Chine, les poignées de mains sont plus molles. On encourage les gens à serrer les mains avec douceur afin de ne pas manifester d'agressivité tout en évitant de regarder droit dans les yeux afin de ne pas intimider son interlocuteur. De plus, les Chinois sont portés à garder une certaine distance entre leurs interlocuteurs lors d’une première rencontre. Cependant, cette distance diminue avec l’évolution de la relation. Généralement, les distances entre les gens en Chine sont plus rapprochées qu'en Occident. Pour plus de détails : http://www.intercultures.ca/cil-cai/ci-ic-fra.asp?iso=cn#cn-14
2.2- La communication au Québec et en Amérique du Nord en général
Les langues utilisées au Québec (le français et l’anglais) sont plus directes que le chinois, car les mots sont utilisés dans un but d’efficacité. En Amérique du Nord, la culture communicationnelle fait référence au « contexte-pauvre ». En effet, les phrases sont énoncées afin d’être claires, rapides et précises, la communication est davantage verbale et il y a donc moins souvent de malentendus. Ce style de communication met l’emphase sur l’ouverture, l’individualisme et la franchise. Les messages sont donc inévitablement ouverts, explicites et les détails sont verbalisés. Aussi, il est de la responsabilité de l’encodeur de saisir le message et lors d’échange, la communication est plus informelle, les réactions sont souvent visibles et les confrontations sont acceptables. Par contre, les relations interpersonnelles sont fragiles, l’engagement personnel est faible et la distance donnée au pouvoir est plutôt petite. D’autre part, la notion de temps est très structurée, les changements se font très rapidement, par exemple, les emplois du temps sont essentiels, autant les dates et les délais sont importants et respectés.
En Amérique du Nord, les communications sont plutôt égalitaires lors des échanges, et ce, même si les participants ne le sont pas (âge, statut social, etc.). En effet, en Chine, lors d’une discussion, il y a un ordre établi entre les communicants. Par exemple, un simple employé chinois ne pourra prendre la parole qu’après avoir entendu la fin de l'intervention de son patron. On pourrait ainsi comparer le style de communication chinoise à un jeu de bowling et l’échange américain à une partie de tennis[13] . Lorsque quelqu'un émet un commentaire, c'est pour aussitôt recevoir une réponse et vice versa. Le principe de l'interaction (du renvoi de la balle) est donc nécessaire pour stimuler une conversation.
3. Société communautaire VS individualisme
La Chine fait partie d’une société communautaire dans laquelle le « nous » prime sur le « soi ». L’important dans ces sociétés est donc les différents groupes auxquels on fait partie. Cela peut être la famille, les amis, les collègues de travail, etc. On accorde peu d’importance à la réalisation de soi, mais plutôt à la réalisation du groupe auquel on fait partie. Les Chinois prennent toujours bien soin d’entretenir une bonne relation avec les personnes qui les entourent. De plus, la notion de hiérarchie est très importante dans ce pays. Que ce soit à cause de l’âge ou du statut social, ces Asiatiques doivent démontrer beaucoup de respect à ces personnes. Donc, dans une famille, ce sont toujours les grands-parents qui occupent la place la plus importante due à leur âge qui les place dans une situation de sagesse. Les enfants, eux, n’ont jamais de décision à prendre au sein de la famille puisqu’ils sont considérés comme ignorants. Également, toute personne occupant un poste moindrement important sera en quelque sorte vénérée par ses inférieurs qui lui accorderont une énorme marque de respect grâce à divers rituels propres à la Chine. Puis, comme les Chinois entretiennent des liens forts et étroits entre eux, des valeurs telles que la conciliation, la patience et la coopération sont importantes puisqu’elles sont primordiales au bon fonctionnement des relations sociales[14] . Contrairement à la Chine où le « nous » prédomine, au Québec c’est le « soi » qui est privilégié. En fait, le Québec est une société individualiste. Dans cette société ce qui est le plus important chez chaque individu c’est d’arriver à son accomplissement personnel. Donc, on accorde beaucoup moins d’importance à nos groupes d’appartenance et l’on se concentre beaucoup plus sur soi-même. Il arrive même parfois que les Québécois se retirent de certains groupes, même avec la famille qui devient beaucoup moins unie. En fait, dans cette société, les familles québécoises sont plutôt petites et, contrairement aux sociétés communautaires, les personnes âgées perdent leur crédibilité au sein de la famille et sont même laissées de côté en vieillissant. Bref, les Québécois sont des personnes très libres qui veillent à leurs propres intérêts sans s’encombrer des autres personnes les entourant. Pour finir, l’autonomie et l’indépendance sont deux valeurs propres à cette société ce qui fait qu’en quelque sorte, chaque individu est en compétition avec les autres dans plusieurs parcelles de sa vie[15] .
4. La politique de l’enfant unique
Dans la culture chinoise s'est greffée aux normes culturelles une norme d'origine politique. En effet, la politique du contrôle des naissances ou « politique de l'enfant unique »[16] est une politique lancée et mise en application en République populaire de Chine en 1979. Cette politique est mise en place par Deng Xiaoping simultanément avec les 4 modernisations, visant l'amélioration concrète du niveau de vie de la population chinoise. Elle permet aussi d'allouer les faibles ressources de l'État à la croissance économique du pays. Du fait du nombre exponentiel des naissances et de la croissance trop importante et trop rapide de la population, cette réglementation limite le nombre d'enfants par couple à 1. Cette politique vise uniquement l'ethnie Han, occupant 90,56 % de la population chinoise[17] . Depuis 2002, une somme de 510 euros (655 CAD env.) est versée, permettant la naissance d'un deuxième enfant. Cependant, les naissances illégales sont sanctionnées par des pénalités telles que des amendes et l'accès gratuit à certains services comme le transport. À cause de cela, il existe de nombreux « enfants noirs » ou enfants cachés par les familles par peur de représailles. Dans cette optique, les mariages sont aussi limités dans la constitution chinoise qui impose l'âge minimal pour se marier afin de tenter de ralentir l'accroissement naturel : 22 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes.
Cette politique de l'enfant unique a plusieurs conséquences, dont les stérilisations et les avortements forcés en plus d'un déséquilibre entre les sexes et au sein de la famille même (4 grands parents, 2 parents, 1 enfant). On observe également une préférence pour les enfants de sexe masculin du simple fait que les assurances sociales et de vieillesse sont quasi inexistantes à la campagne. Ce phénomène a tendance à s'ancrer dans la mentalité des membres de la société au point de faire partie de la culture chinoise. Dans certaines régions, de gens préfèrent un garçon qu'une fille. Il arrive même que certains hommes divorcent de leur femme, n'ayant pas pu avoir de garçon et se remarient jusqu’à ce que la chance leur sourie.
Les enfants au Québec
Contrairement à la Chine, il n’existe pas de politique ou de loi limitant le nombre d’enfant que peut avoir une famille. A l’opposé, des mesures sont régulièrement mises en place afin d’encourager les couples à avoir des enfants et à former des familles nombreuse. Par exemple, depuis le 5 août 2010, le gouvernement du Québec permet aux couples infertiles de tenter, par 3 fois, une fécondation in vitro, à la charge de l’État[18] . Enfin, selon les statistiques du gouvernement de la famille et des aînés, une hausse des naissances à été constatée au Québec pour atteindre 1,74 enfants par femme à l’année 2008[19].
5. Les fêtes et l’habillement
La fête la plus importante en Chine est sans contester le Nouvel An chinois. Cette fête qui sert à accueillir la nouvelle année est célébrée en suivant le calendrier lunaire et est une opportunité pour les familles chinoises de se réunir autour d’un festin et d’honorer leurs ancêtres. Le Nouvel An chinois est également une fête spirituelle durant laquelle plusieurs rituels et traditions sont entretenus en raison de différentes légendes propres à la culture chinoise. Lors de ces festivités, les couleurs et les habits de fête sont au rendez-vous. Le dragon dansant, et les gigantesques feux d’artifice sont à tout coup présents pour célébrer la nouvelle année qui s’en vient[20] .
Feux d'artifice du Nouvel An Chinois à Beijing
Au Québec, deux fêtes importantes se distinguent des autres sociétés, ce sont la Saint-Jean-Baptiste et le Carnaval d’hiver. D’abord, la Saint-Jean-Baptiste est propre aux Québécois puisque c’est la fête du Québec. Lors de cette fête, on en profite pour se réunir, le plus souvent, à l’extérieur pour y faire d’énormes feux de joie et danser et chanter au son de musiques typiquement québécoises. Cette fête n’implique pas d’habillement particulier. Par contre, le drapeau du Québec y est à l’honneur et on peut le retrouver un peu partout sous toutes les formes possible, tant qu’il est visible. La deuxième fête importante est le Carnaval d’hiver. Encore une fois, cette fête est typiquement québécoise puisqu’elle sert à fêter les joies de l’hiver au Québec en donnant lieu à des activités telles que la glissade sur neige, la sculpture sur glace, etc. L’emblème du Carnaval d’hiver est sans doute le Bonhomme Carnaval. Cette mascotte bonhomme de neige est présente depuis plusieurs décennies dans chacune de ces fêtes. Les gens qui se rendent au Carnaval ont bien sûr comme principal habillement des vêtements très chauds pour passer plusieurs heures dehors. Également, on ajoute à cela une fameuse ceinture fléchée, ainsi que des chemises à carreaux pour rappeler l’habillement des Québécois d’antan.
^ Commissariat aux langues officielles, (2011). Statistiques sur les langues officielles au Québec. [En ligne]. http://www.ocol-clo.gc.ca/html/quebec_f.php (Page consultée de 3 juin 2012).
^ Masterson Sakamoto, Nancy, 1995, « Conversational ballgames ». Dans Richard Holeton (dir.) Encountering cultures, 2nd ed. Englewood Cliffs, N.J., Prentice Hall : 60-63.
^ Legault, Gisèle et René Bourque, 2000. « La diversité des visions du monde à travers les valeurs et les croyances ». Dans Gisèle Legault et René Bourque (dir.), l’intervention interculturelle. Québec, Gaëtan Morin : 53-67.
I - La culture de la chine traditionnelle
La civilisation chinoise est l’une des plus anciennes du monde et sa culture est caractérisée par une longue et riche histoire. Une rencontre avec la Chine dans sa littérature, son art, son écriture et ses relations humaines, est une ouverture à une richesse du corps et de l’esprit, cultivée depuis plus de 10 000 ans.
1- Arts, Littérature et Inventions
La Chine fût, pendant une longue période de son histoire, la civilisation la plus avancée du monde grâce à des inventions telles que l’imprimerie, la boussole, le papier ou encore la poudre à canon. De plus, son influence sur le monde extérieur s'est accrue grâce à la découverte de la route de la soie, dont le tissu du même nom permit de vêtir de nombreuses familles royales et aristocratiques d'Europe.
Par ailleurs, l’originalité de l'art chinois s'est manifestée dans des domaines tels que la peinture, l’architecture (notamment avec la construction des chateaux moyenâgeux et des palais impériaux), l'art du jardin (à l'instar du fameux «Suzhou»), les arts martiaux (le tai chi, le kung fu, etc.), la médecine traditionnelle, et même la sculpture. Mais de tous, c'est bien la calligraphie et de l’écriture qui ont démontré la quintessence d'un niveau de culture unique, à travers le savoir et la maîtrise de la constitution des caractères.
On peut ajouter à cela une pléthore d'écrivains, de poètes, et d'érudits comme Lao Tseu, Confucius, ou encore Luo Guanzhong, qui à travers ses oeuvres, a non seulement permit l'avènement de modes de pensée et philosophies constituée en principes et religions d'État (telles le taoïsme, le confucianisme, etc.), mais aussi la préservation de l'histoire et des traditions chinoises à travers les âges (par exemple la tradition du thé dans «Les Trois Royaumes» de L. Guanzhong).
2- Religions, Croyances et Philosophies
En Chine, on ne peut dissocier la religion du régime politique. En effet, même si le fait religieux se particularise par un pluralisme des croyances, l’État chinois s’efforce de maintenir un contrôle permanent sur les religions et les sectes se trouvant sur le territoire, de peur qu'un groupe ne devienne trop actif, menaçant ainsi le pouvoir en place.
Dans la langue chinoise traditionnelle, il n’existe pas d’équivalent au terme « religion ». Ce que l’on nomme les religions ou cultes individuels sont souvent synonyme de « culture » et sont appelés tao, une « voie » ou encore jiao, un « enseignement » et sont utilisés pour désigner les grandes traditions chinoises[1] . De plus, c’est pour cela que l’on nomme les «trois enseignements»[2] (sanjiao) les principales religions, soit : l’enseignement du tao (gaojiao) ou taoïsme, l’enseignement du Bouddha (fojiao) ou bouddhisme et l’enseignement des lettrés (rujiao) ou confucianismes. Par ailleurs, le tao renvoie au bon fonctionnement de tout ce qui se trouve dans l’univers.
En Chine, 100 millions de personnes pratiquent diverses religions[3] . Les principales sont le Bouddhisme, le Taoïsme, le Confucianisme, le Christianisme, ainsi que l’Islam, bien que l’on puisse en retrouver plusieurs autres. Il ne faut toutefois pas négliger les gens non pratiquants qui représentent une quantité non négligeable de citoyens, car officiellement, la Chine est athée[4] .
Le Bouddhisme
Il est très difficile de mettre une date exacte sur le moment où le Bouddhisme fut introduit en Chine. D’abord fondé en Inde du Nord au VIe siècle av. J.-C,. le Bouddhisme fut introduit en Chine aux environs du Ier siècle après Jésus-Christ pour devenir la religion la plus influençable de la Chine après le IVe siècle.
L'une des caractéristiques de cette religion est la société hiérarchisée en castes. Aussi, les notions de base du Bouddhisme s’articulent autour du thème de la souffrance et des moyens de s'en affranchir. Par ailleurs, les concepts de cycle de renaissances et les actions permettant d’échapper au karma ont longtemps été considérés comme choquants pour les Chinois.
Par ailleurs, le bouddhisme ne se réfère pas véritablement à un Dieu. Cette religion constitue d’abord une philosophie fondée sur une vision sombre du monde. Elle a le désir de libérer l'humanité des mauvaises valeurs et actions humaines telles que la haine, la persécution et le racisme. Les bouddhistes sont toujours prêts à affirmer avec force leur idéal de justice et de respect de l'homme à travers le monde. Par exemple, ces derniers ont soutenu les mouvements pacifistes et les bouddhistes du Tibet, qui reconnaissent toujours le dalaï-lama en exil et continuent à protester contre l'annexion de leur pays par la Chine.
Le Taoïsme
Système de pensée religieuse et philosophique, le taoïsme s'est développé en Chine au VIe siècle av. J.-C. Cette religion est apparue parallèlement au confucianisme tout en se retrouvant en rupture avec lui. Cependant, ce n’est qu’au IIe siècle après J.-C. que le taoïsme acquiert des attributs religieux en adoptant un panthéon, des cultes, des prêtres et des moines. Le taoïsme est devenu, avec le bouddhisme, l'une des deux plus grandes religions de la Chine. Le nombre de pratiquants chinois est estimé à 1,5 million.
Le taoïsme se préoccupe beaucoup de l’individu, de sa conscience et de sa vie spirituelle, à la recherche constante d’une harmonie avec la nature et l’univers. Le tao est un principe fondamental, qui unit deux principes opposés, le yang (pur, lumineux, relatif au ciel) et le yin (impur, inférieur, opaque, relatif à la terre). Selon la philosophie du tao, on les retrouve partout, et ce, même dans le corps humain. On retrouve particulièrement le yang chez l'homme et le yin chez la femme
Le Confucianisme
Le confucianisme est une philosophie humaniste, fondée sur l’affirmation des valeurs humaines, insérant l’être humain dans un univers d’abord moral et social et établit un parallèle entre l'ordre du monde et celui de la société. Les idéaux de Confucius s’articulent autour de l’idéal pratique de l’homme et de sa nature éthique ainsi que sur la société. Il n’y a pas de valeurs abstraites, mais bien un rapport délicat entre les situations environnantes et le sens du juste. « L'homme de bien est impartial et vise à l'universel; l'homme de peu, ignorant l'universel, s'enferme dans le sectaire[5] ». C'est bien grâce à la vie en société que se forme la dignité humaine. Pour lui, la vie en société est l'étape obligatoire entre l'homme et l'Univers.
Le Rituel du « Li »
Dans le confucianisme, il existe un rituel qui, anciennement, permettait de constituer un gouvernement idéal. Le caractère chinois « li » symbolise un vase contenant des biens précieux destinés aux esprits. Selon la doctrine confucianiste, le rituel joue un rôle important dans le bon fonctionnement du gouvernement. En effet, celui-ci permet de canaliser les énergies et les instincts individuels vers des comportements harmonieux, facilitant ainsi les relations politiques et sociales. Ce rituel est toujours accompagné de musique et de danses qui représentent l'harmonie et l'efficacité du geste. Aujourd’hui, nous pouvons retrouver ce rituel lors de toutes les activités humaines (mariages, expéditions militaires, négociations diplomatiques, etc.)
Le Christianisme
L'Islam
La religion islamique est d’abord arrivée en Chine au VIIe siècle durant la dynastie de Tang. Les côtes de l’Asie du Sud-Est ont constitué un lieu d’échange culturel important pour les religions. L’Islam a notamment pu voyager au travers de la route de la soie ou grâce aux commerçants arabes qui voyageaient de port en port. Par exemple, le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan et une mosquée fut inaugurée en son nom en 2007. Selon les chiffres chinois, il y aurait environ 17 millions de croyants musulmans en Chine et on compterait près de 30 000 mosquées dans le pays
La religion au Québec
Le Canada et le Québec possèdent une très grande variété de religion mais ne possèdent aucune religion officielle. L’histoire de la religion du Québec a débuté il y a déjà plusieurs centaines d'années et remonte même à plusieurs peuples différents. En effet, les premiers habitants du territoire québécois étaient les Premières Nations qui adhéraient principalement à des religions animistes. Lors de la découverte de l’Amérique, les Européens débarquèrent sur ces nouveaux territoires afin d’étendre leurs pouvoirs, faire des affaires et les jésuites les accompagnant se fixèrent comme objectif de convertir les autochtones au catholicisme. Puis, suite à la conquête par les Britanniques, les premières communautés protestantes firent leur entrée sur le territoire québécois. D’autres nations tels des Irlandais, des orthodoxes de l’Europe de l’Est, des « mormons » et plus encore furent ensuite introduites au pays. La Seconde Guerre mondiale favorisa davantage l’immigration de nouvelles nations. Enfin, le changement le plus important qui toucha la religion au Québec est sans équivoque la période de la Révolution tranquille (dans les années 1960). Cette période se caractérise par la rupture des traditions en place vers des changements sociopolitique et culturel dits sociaux (création des cégeps, des cartes d’assurance-maladie, nationalisation d’Hydro-Québec et plus encore) qui ont permis de transformer le système d’éducation, contrôlé en grande partie par l’Église, et de faire une séparation entre les pouvoirs de l’État et de la religion. Encore aujourd’hui une majorité d'individus s’identifient comme chrétiens et ces valeurs se reflètent sous plusieurs aspects de la vie québécoise.
[6] Selon le recensement 2001 de Statistique Canada : « Au Québec, en 2001, plus de 90 % de la population a déclaré appartenir à une confession religieuse chrétienne. En 1991, cette proportion atteignait plus de 93 %. En outre, dans leur très grande majorité, ces “chrétiens” sont catholiques romains à 83 %, comparativement à 5 % de protestants et à 2 % d’autres chrétiens (orthodoxes et autres). Détail à noter : la population de religion musulmane est maintenant plus nombreuse que la population de religion juive, et ce, tant au Québec que dans l’ensemble du Canada. En revanche, alors qu’au Québec il y a presque égalité entre les deux groupes (90 000 contre 109 000), pour l’ensemble du Canada, il y a près de deux fois plus de musulmans que de juifs (1,76 fois plus précisément). Le phénomène des «sans religion» est proportionnellement moins important au Québec que dans l’ensemble du Canada : 6 % de la population totale (400 000 personnes) comparativement à 16 % (4,8 millions de personnes) dans l’ensemble du Canada. Par contre, la croissance de ce groupe a été plus marquée au Québec au cours des dix dernières années : +56 % comparativement à + 44 % au Canada. »
- Superstitions au Québec
Au Québec et ailleurs en Amérique, des superstitions sont enracinées dans la culture. Les superstitions[7] sont des croyances construites à la base d’une mauvaise conception, de l’ignorance ou encore à cause de la peur de l’inconnu et peuvent, entre autres, être transmise par la culture ou la famille. Parmi ces croyances, certains québécois croient qu’il peut être de mauvaise augure de croiser un chat noir, de passer sous une échelle, de casser un miroir ou encore d’ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison. La superstition du chat noir remonterait à l’époque du Moyen-Âge et caractériserait le diable ou encore une sorcière, donc le fait de croiser un chat noir aurait la même valeur que de croiser le mal en personne[8] .3- Normes, règles et rôles sociaux
En Chine, c’est la société qui prime avec ses droits et les habitants ont des devoirs. Les rites communs de la vie d’un homme sont : la naissance, le mariage et la mort comme dans plusieurs civilisations dont la culture québécoise fait partie. Par contre, tout au long de sa vie, l’Homme chinois devra se soumettre à une série de rites journaliers concernant la vie domestique, les parents, la politesse, les rencontres, les visites, les invitations, les échanges de cadeaux ainsi que les préséances (Pimpanneau, 1988, p. 140). Les rites sont présents partout, et permettent de distinguer les classes sociales dans la hiérarchie d’une entreprise ou d’une famille, dans les mesures et même dans les modèles de fabrication en usine. Par exemple, en ce qui concerne les rites domestiques, le chef de maison doit observer fidèlement certaines règles et fixer les dépenses selon les revenus de la famille et doit déterminer le montant d’argent à réserver pour un mariage. Les hommes trop jeunes ou de condition inférieure ne peuvent être mis à la tête des affaires et les régir. Pour ce qui est des enfants face aux parents, tout ce qu'ils gagnent avant le mariage doit être remis aux parents. Ceux-ci doivent toujours garder une attitude respectueuse à l'égard de leurs parents. Ne jamais regarder dans les yeux et ne jamais étaler une richesse qui dépasse celle de ses parents lorsqu’ils sont devenus adultes. Si les parents sont malades, les enfants ne peuvent avoir l’air heureux. Les enfants, à partir de 7 ans, doivent laisser passer les personnes plus âgées qu’eux. Ils doivent être modestes et respectueux. Enfin, pour les rites du passage à l’âge adulte, les garçons entre 15 et 20 ans doivent se soumettre à la cérémonie de la prise du bonnet qui confirme leur virilité et les filles qui se fiancent reçoivent, de leur mère, l’épingle à la chevelure (Zhu, 2010, p. 56).
Depuis déjà quelques décennies, le développement économique foudroyant de la Chine et la mondialisation remettent en cause les traditions ainsi que la culture ancestrale du pays. L’influence de la pensée occidentale se fait sentir de plus en plus (Yih-Ching, 1961, p.116).
Ce qu’il en est au QuébecAu Québec, la société est beaucoup plus homogène, hiérarchiquement parlant. En effet, le principe de hiérarchie est moins présent qu’en Chine. Tous les citoyens québécois méritent un traitement égal. Bien entendu, lorsque la question de respect entre en jeu, certains groupes sociaux tels que les personnes âgées, reçoivent un traitement plus particulier. Par exemple, dans les autobus, des sièges leurs sont attribués et les gens doivent leur laisser la place. Aussi, la société est libre et démocratique, les citoyens ont une totale liberté d’expression et ont beaucoup de droits, dont celui de voter ouvertement. Le peuple québécois n’est pas de nature à accepter facilement son sort, la culture québécoise a démontré au fil du temps que c’est un peuple d’exigence, de oui ou non et de la classe ouvrière combattant le capitalisme tel que partout en occident. L’Homme chinois en est un de réflexion, de raison et de résilience, profondément attaché au ciel et à la terre.
II – La société chinoise contemporaine
1. Les langues et fêtes culturelles
2 - Styles et types de communication
2.1- La communication en Chine
D'autre part, la notion de temps est ouverte et flexible et les changements qui peuvent subvenir se font graduellement et lentement. La communication non verbale est aussi très importante et souvent utilisée. Les messages sont couverts et implicites, les réactions sont réservées et la distance donnée au pouvoir est grande. Par contre, les Chinois accordent de l’importance aux relations fortes et durables et leur engagement personnel est fort. Dans cette société le contexte est donc très important et ne doit pas être négligé afin de pouvoir bien saisir la portée de l’échange. Aussi, des déterminants tels que le lieu, le temps, la raison de la rencontre, la personne (l’origine, le statut, l’âge, le sexe) sont à considérer et déterminent l’orientation de la communication. Par exemple, dans un groupe, c’est d’abord la personne la plus âgée qui prend la parole. Lors d’un échange, il est important de bien considérer la situation, le statut, l’expérience passée et enfin, sa culture afin de pouvoir bien saisir la portée du message. Quant à nous, les Occidentaux, notre culture nous rattache davantage à un contexte communicationnel pauvre.
- Communication non verbale et règles gestuelles
En Chine, il existe tout un langage gestuel, ancestral et ésotérique afin de communiquer. Celui-ci est très différent de la communication non verbale utilisée en Amérique. Les leaders chinois n’ont pas tendance gesticuler ou à démontrer des expressions faciales vives lors de leurs discours. L’orateur Canadien aura davantage tendance à faire des présentations interactives et à utiliser un langage corporel afin de communiquer son message. Aussi, la poignée de main est couramment utilisée par les hommes et les femmes chinois. Il n’est pas étonnant de voir des hommes marcher main dans la main puisque c’est une pratique courante entre amis en Chine. Par ailleurs, en Amérique du Nord, la poignée de main doit être la plus ferme possible afin de démontrer sa force, son pouvoir, et l'on doit regarder l'autre dans les yeux tandis qu'en Chine, les poignées de mains sont plus molles. On encourage les gens à serrer les mains avec douceur afin de ne pas manifester d'agressivité tout en évitant de regarder droit dans les yeux afin de ne pas intimider son interlocuteur. De plus, les Chinois sont portés à garder une certaine distance entre leurs interlocuteurs lors d’une première rencontre. Cependant, cette distance diminue avec l’évolution de la relation. Généralement, les distances entre les gens en Chine sont plus rapprochées qu'en Occident.Pour plus de détails : http://www.intercultures.ca/cil-cai/ci-ic-fra.asp?iso=cn#cn-14
2.2- La communication au Québec et en Amérique du Nord en général
En Amérique du Nord, les communications sont plutôt égalitaires lors des échanges, et ce, même si les participants ne le sont pas (âge, statut social, etc.). En effet, en Chine, lors d’une discussion, il y a un ordre établi entre les communicants. Par exemple, un simple employé chinois ne pourra prendre la parole qu’après avoir entendu la fin de l'intervention de son patron. On pourrait ainsi comparer le style de communication chinoise à un jeu de bowling et l’échange américain à une partie de tennis[13] . Lorsque quelqu'un émet un commentaire, c'est pour aussitôt recevoir une réponse et vice versa. Le principe de l'interaction (du renvoi de la balle) est donc nécessaire pour stimuler une conversation.
3. Société communautaire VS individualisme
La Chine fait partie d’une société communautaire dans laquelle le « nous » prime sur le « soi ». L’important dans ces sociétés est donc les différents groupes auxquels on fait partie. Cela peut être la famille, les amis, les collègues de travail, etc. On accorde peu d’importance à la réalisation de soi, mais plutôt à la réalisation du groupe auquel on fait partie. Les Chinois prennent toujours bien soin d’entretenir une bonne relation avec les personnes qui les entourent. De plus, la notion de hiérarchie est très importante dans ce pays. Que ce soit à cause de l’âge ou du statut social, ces Asiatiques doivent démontrer beaucoup de respect à ces personnes. Donc, dans une famille, ce sont toujours les grands-parents qui occupent la place la plus importante due à leur âge qui les place dans une situation de sagesse. Les enfants, eux, n’ont jamais de décision à prendre au sein de la famille puisqu’ils sont considérés comme ignorants. Également, toute personne occupant un poste moindrement important sera en quelque sorte vénérée par ses inférieurs qui lui accorderont une énorme marque de respect grâce à divers rituels propres à la Chine. Puis, comme les Chinois entretiennent des liens forts et étroits entre eux, des valeurs telles que la conciliation, la patience et la coopération sont importantes puisqu’elles sont primordiales au bon fonctionnement des relations sociales[14] .
Contrairement à la Chine où le « nous » prédomine, au Québec c’est le « soi » qui est privilégié. En fait, le Québec est une société individualiste. Dans cette société ce qui est le plus important chez chaque individu c’est d’arriver à son accomplissement personnel. Donc, on accorde beaucoup moins d’importance à nos groupes d’appartenance et l’on se concentre beaucoup plus sur soi-même. Il arrive même parfois que les Québécois se retirent de certains groupes, même avec la famille qui devient beaucoup moins unie. En fait, dans cette société, les familles québécoises sont plutôt petites et, contrairement aux sociétés communautaires, les personnes âgées perdent leur crédibilité au sein de la famille et sont même laissées de côté en vieillissant. Bref, les Québécois sont des personnes très libres qui veillent à leurs propres intérêts sans s’encombrer des autres personnes les entourant. Pour finir, l’autonomie et l’indépendance sont deux valeurs propres à cette société ce qui fait qu’en quelque sorte, chaque individu est en compétition avec les autres dans plusieurs parcelles de sa vie[15] .
4. La politique de l’enfant unique
Cette politique de l'enfant unique a plusieurs conséquences, dont les stérilisations et les avortements forcés en plus d'un déséquilibre entre les sexes et au sein de la famille même (4 grands parents, 2 parents, 1 enfant). On observe également une préférence pour les enfants de sexe masculin du simple fait que les assurances sociales et de vieillesse sont quasi inexistantes à la campagne. Ce phénomène a tendance à s'ancrer dans la mentalité des membres de la société au point de faire partie de la culture chinoise. Dans certaines régions, de gens préfèrent un garçon qu'une fille. Il arrive même que certains hommes divorcent de leur femme, n'ayant pas pu avoir de garçon et se remarient jusqu’à ce que la chance leur sourie.
Les enfants au Québec
Contrairement à la Chine, il n’existe pas de politique ou de loi limitant le nombre d’enfant que peut avoir une famille. A l’opposé, des mesures sont régulièrement mises en place afin d’encourager les couples à avoir des enfants et à former des familles nombreuse. Par exemple, depuis le 5 août 2010, le gouvernement du Québec permet aux couples infertiles de tenter, par 3 fois, une fécondation in vitro, à la charge de l’État[18] . Enfin, selon les statistiques du gouvernement de la famille et des aînés, une hausse des naissances à été constatée au Québec pour atteindre 1,74 enfants par femme à l’année 2008[19] .
5. Les fêtes et l’habillement
La fête la plus importante en Chine est sans contester le Nouvel An chinois. Cette fête qui sert à accueillir la nouvelle année est célébrée en suivant le calendrier lunaire et est une opportunité pour les familles chinoises de se réunir autour d’un festin et d’honorer leurs ancêtres. Le Nouvel An chinois est également une fête spirituelle durant laquelle plusieurs rituels et traditions sont entretenus en raison de différentes légendes propres à la culture chinoise. Lors de ces festivités, les couleurs et les habits de fête sont au rendez-vous. Le dragon dansant, et les gigantesques feux d’artifice sont à tout coup présents pour célébrer la nouvelle année qui s’en vient[20] .